CURATIÒ
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et au format court
Cette analyse a été écrite par Tommy.



Quand le clip devient cinéma : masculinisme, apprentissage et identité collective
Analyse de GENER8ION : Storm, par Romain Gavras un clip de GENER8ION

Dans ce clip de 8 min, GENER8ION, accompagné du réalisateur Romain Gavras, donne vie à un récit dystopique sur l’apprentissage, la jeunesse et la masculinité.
Leeds, 2034. Dans une école abandonnée par toute forme d’autorité, seul subsiste ce qui semble être un tyran, incarné par Yung Lean. Violence, compétition, coups bas et apprentissage sont en rendez-vous pour ces lycéens à l’uniforme presque éclatant. Naviguant entre critique de la masculinité à son paroxysme et appel à la fraternité pour faire face à la tempête « We stand united through the storm » , le clip, saupoudré d’une chorégraphie signée Damien Jalet, nous invite à repenser la manière dont nous concevons le récit d’apprentissage.
Le récit d’apprentissage
La scène de bagarre et ses acclamations mènent jusqu’au point de rupture : ce coup de poing qui crée un moment de tension. On ne sait pas comment Yung va réagir à cet affront, qui n’en est finalement pas un. Ce coup est le marqueur d’un apprentissage.
Les images nous disent : « Tu as enfin compris ce que j’attendais de toi. Il faut rendre les coups. Nous sommes frères maintenant », appuyées par les applaudissements du groupe quand il comprend enfin. C’est ce même coup de poing qui introduit la seconde partie du clip, avec la photo de classe mouvementée, en opposition à celle que l’on peut voir à 1’42.
L’identité collective
L’imagerie de la photo de classe, qui n’est pas figée comme les photos de classe sont censées l’être, est saisissante : les jeunes hommes y dansent de manière synchronisée, accompagnés d’une alternance de plans larges et de plans rapprochés. Adossé à ce cri de ralliement, le « Hey » porté par tout un collectif rappelle le fait de ne former qu’un, et nous invite à penser la notion même d’identité collective : voici les hommes qui incarnent la promotion « Storm class of 2034 ».
Le coût de la masculinité
Leurs mouvements en aller-retour, jusqu’à l’épuisement qu’on observe sur leurs visages essoufflés, symbolisent le coût de la masculinité. On comprend alors : « c’est épuisant, tout ce que ça implique d’être ce genre d’homme », un écho aux paroles : « But I know it may hurt, it won’t last forever ».
Une nouvelle forme de cinéma ?
Porté par la présence du réalisateur Romain Gavras, le clip tend, dans son format et sa construction, à effacer les frontières entre le clip musical et le cinéma et plus particulièrement le format court, dont il retrouve la narration et la durée. Et si le clip était une nouvelle manière de faire du cinéma ?